De la graine à l'arbre : vivre l'instant présent...
« Chaque enfant qui naît est la preuve de l’espoir que Dieu met dans les êtres humains. »
J’ai « l’espoir » de voir cet article devenir un partage de vie entre vous et
moi pour que tous les enfants du monde réalisent l’espérance qu’ont mis en eux
leurs parents et le monde.
Si nos ancêtres n’avaient pas eu cette puissance de l’espoir en actes, s’ils
n’avaient pas entrepris de franchir les obstacles et les épreuves de la vie,
nous n’existerions pas… La force de leurs pensées était de réaliser dans
l’avenir quelque chose de favorable pour leurs familles. Leur détermination
était décuplée par la pensée de créer un monde de paix. Aujourd’hui, où en
sommes nous personnellement ? Est-ce que l’espoir nous manque ! Comment agir
efficacement pour incarner le potentiel de la graine qui donnera un arbre de vie
?
Tout espoir de bonheur, de succès ou de guérison, est logique et souhaitable
tant qu’il sert de motivation pour avancer, mais attention si les actes à poser
ne suivent pas. Un espoir sans acte pour concrétiser le rêve peut tourner à
la croyance et votre pensée risque de se mettre en « mode victime ».
Quand vous êtes découragés, angoissés, tristes ou
fatigués, avez-vous remarqué combien l’impression de manquer d’énergie vous
envahit. Vous venez de vous brancher sur « Radio souffrance », votre
lampe-torche se décharge, l’espoir aussi ; le désespoir s’invite alors comme une
fatalité ou une malchance.
Quel est ce mécanisme mental dans lequel la pensée dérape et broie du noir, ce
mécanisme « menteur » qui nous enferme dans une prison mentale ? C’est
l’identification à « l’image que j‘ai de moi », moi, celui qui contrôle ou qui
attend, celui qui veut que les évènements et les choses arrivent suivant ses
plans et ses projections. Faisant ainsi nous ne lâchons rien. Par contre nous
attendons que les autres lâchent prise, qu’ils nous donnent ce que nous
espérons, qu’ils nous consolent tandis que nous boudons, qu’ils nous comprennent
tandis que nous râlons ou réagissons par la colère ou l’indifférence. Toutes ces
stratégies nous maintiennent prisonnier de l’image que nous avons de nous-mêmes
déjà enfermé dans notre cage mentale. Nous misons sur nos stratégies d’humain
prisonnier sans espoir de sortie ou de délivrance alors que la porte de la cage
est ouverte. Le seul lieu où peut se développer le potentiel de la graine à
travers l’espoir, est dans notre esprit face aux épreuves du quotidien. C’est
savoir utiliser une pensée puissante, créatrice et discriminatrice, une pensée
insoumise aux regrets et aux plaintes, une « pensée-laser » qui utilise un
minimum d’énergie pour éclairer très loin.
En réalité tous les sages vous disent : « Vous êtes en dehors de la cage » !
Volez de vos propres ailes, n’emportez pas vos échecs avec vous dans vos projets
ou espérances. Apprenez la lucidité et la patience ! N’abandonnez pas avant
d’avoir commencé ! Tout vient à point à qui sait attendre sans se désespérer. Ne
regrettez pas, apprenez de vos regrets... : apprenez à faire « ami-ami » avec
vos émotions, votre façon de penser et d’agir. Tout est apprenti-sage. Laissez
la vie vous enseigner son intelligence, sa créativité et son ordre ! Ayez de la
gratitude car vous pouvez exister vous personnellement et réjouissez-vous
d’avoir des parents et une terre comme grands parents !
L’espoir est un mouvement de l’imaginaire entre le rêve et la réalité. Ce qui
compte ce n’est pas seulement le résultat mais la façon d’y arriver. Ne désirez
pas plus mais essayez de mieux vivre avec ce que la vie vous présente à
l’endroit où vous êtes. Embellissez votre regard sur le monde au lieu de vouloir
le changer.
« Le bonheur me suivait partout, il n’était dans aucune chose assignable, il
était tout en moi-même ; il ne pouvait me quitter un seul instant. »
Jean-Jacques Rousseau - Les Confessions
LE BONHEUR ME SUIVAIT PARTOUT…
Le concept du bonheur est le plus prisé de la planète. Il suffit de regarder
toutes les publicités vantant les mérites des lendemains meilleurs… Chacun a sa
propre idée sur le sujet. Alors est-il dans les choses que l’on possède, dans
les voyages que l’on fait, dans la réussite sociale, dans le partenaire idéal,
dans les transcendances illusoires ou plus simplement dans ce qui est ici…
Nous sommes tous engagés dans une grande aventure qui s’appelle la vie. C’est
une grande école où chacun apprend, expérimente, joue, grandit et tire des
leçons pour améliorer la qualité de son existence.
Le but ultime de cette école de la vie est de nous transmettre son intelligence
créatrice et de nous faire redécouvrir que le bonheur est présent partout,
cadeau caché dans la simplicité du quotidien. La vie de tous les jours devient
alors un laboratoire d’expérimentation, lieu privilégié où chacun peut mieux
comprendre le sens des évènements qui jalonnent son chemin, des plus grands
enseignements aux plus petites réflexions.
Mais pour beaucoup la réalité semble difficile. Pour nous en échapper, nous
recherchons le bonheur, ailleurs, plus tard, « quand je serai…, quand j’aurai...
» bref dans un concept, une projection, une idée de « bien-être ». Les «
publicités-bonheur » : stars, paillettes et réussites faciles, nous
conditionnent à la dépendance aux objets-bonheur. Même la spiritualité par les
courants « nouvel-âge » est devenue superficielle et superstitieuse. Ni ces
objets, ni les concepts, ni les théories, ni les croyances ne nous donnent quoi
que ce soit. La récréation que cela nous procure peut nous donner l’illusion de
ne pas être en prison, mais soyons lucides : ce n’est qu’un leurre. Tout au
plus, cela nous permettra de changer la couleur des barreaux de notre prison.
Nous compensons l’ennui de ne pas être par le besoin
d’avoir.
Tout cela nous projette dans un bonheur futur nous prouvant qu’il nous manque
quelque chose. Pourtant, nous ne sommes séparés que par une image mentale de
nous-mêmes et ce qui nous manque, c’est nous ! Nous compensons l’ennui de ne
pas être par le besoin d’avoir. Nous ne vivons pas en accord avec le cadeau
caché qu’offre la vie en chaque instant, alors nous nous grisons de futurs
changements imaginaires.
Nous ne vivons pas notre vie, ici et immédiatement, nous la pensons.
C’est la fracture du monde poétique de l’enfance qui ramène, « le nouveau au
même, le futur au passé, l’inconnu au connu, le changeant à l’immobile ». Le
principe vivant est ainsi sacrifié. Paradoxalement le bonheur sans objet est la
rencontre avec toute la création. Il est l’intelligence du sujet qui expérimente
la vie. C’est une joie pure qui illumine et renouvelle le monde. Dans cette
façon de voir, le monde terrestre est sauvé et tous les objets du quotidien sont
aimés sans qu’on ait envie de les posséder. Cette attention et cette visée
précises face au monde donnent un sentiment merveilleux d’être relié au tout.
Vivre dans le bonheur, vivre à la bonne heure…
Le bonheur se découvre dans l’expérience d’une continuité immédiate,
celle de la conscience d’être dans l’instant que vous vivez. Il n’y a pas de
meilleur moment pour être heureux. Cet instant est le concentré de toute
votre vie. Ici le passé est à sa place comme un vieux livre rangé. Pas de
regrets, pas d’attente. Rien ne vous empêche de lire le livre de l’instant
présent. Vos yeux sont neufs, vos oreilles aussi. Tout le corps se mobilise pour
que votre intelligence comprenne « ici est le bonheur, ici la vie se guérit, ici
la vie s’élance, ici la vie est un processus dynamique qui se renouvelle, ici
est la présence sacrée de la conscience d’être heureux. C’est une intention
ludique de se signifier en se manifestant de plus en plus dans la réalité et
dans l’énergie de la simplicité.
Les astuces pour découvrir le bonheur dans notre
quotidien : le « tout-ici, tout-en soi »…
Il y a plein de petites astuces qui favorisent une certaine détente corporelle,
émotionnelle, mentale : Désirer, ressentir que tout est sa place et qu’il ne
manque rien, qu’il ne vous manque rien… Nourrir de la tendresse pour votre
corps, conscientiser votre respiration, Apprécier chaque petit moment que vous
vivez, le petit café du matin etc… Ne pas vous sentir victime de votre vie, des
circonstances, des autres.
Accepter la réalité, ses obstacles, ses problèmes, ses inconforts. Chaque
rencontre ou situation contient un processus pédagogique, une clef précise pour
entrer en cohérence avec la créativité infinie de la vie.
Arrêter d’attendre « autre chose ou « que ça change »… la vie sera toujours
pleine de défis, de projets à terminer, de crédits à rembourser !
Profitez de la saison, de la présence de vos enfants et amis…
Observez la nature, elle donne tout, elle se transforme pour vous, autour de
vous et au-dedans de vous… Vous n’êtes pas seulement un personnage
psychologique, vous êtes le principe de la vie, la vie qui se renouvelle au-delà
de vos doutes ou de vos angoisses. Aussi contactez et posez-vous, par exemple
dans l’espace de calme entre deux pensées, en quittant votre habitude à être
insatisfait ou malheureux. Vous créez ainsi un espace de tranquillité, d’«
immobilité » et d’invulnérabilité. Dans cet espace, quoi que vous pensiez, quoi
que vous fassiez, vous demeurez en contact avec cette intelligence qui rend
libre, ce qui nous permet de conduire vos activités quotidiennes dans une belle
qualité de vérité. Accompagnez le renouvellement de la vie en étant créatif,
l’aventure dans les yeux tel un enfant étonné et joyeux.
Servez-vous de « la pensée-action-satisfaction, c’est-à-dire, « je pense, j’agis
et je suis satisfait d’avoir accompli l’action juste », celle qui ne laisse pas
de regrets ni de doutes.
Là se dessine une atmosphère spirituelle, une présence merveilleuse où les
autres, la nature, les paysages, les fragrances sont reliés par le lien sacré
commun à toute la création.
"Enfant, je me souviens de mon premier rendez-vous avec une glycine… sa
senteur douce et sucrée s’exhalait sur les murs décrépis de mon école. Je
goûtais sa vie, je goûtais ma vie. Tout était suspendu dans l’indicible beauté
de cet instant simple et précieux ; mon âme était légère comme posée sur les
ailes d’un papillon voletant d’un endroit à un autre, le temps et l’espace
n’existaient pas encore et les mots n’étaient pas encore nés pour séparer les
choses. La vie “se semait” en rendez-vous intimes…"
Extrait “La Recherche spirituelle“ du même auteur.
Ouvrez votre regard à la vie…
Le secret, c’est de s’ouvrir à ce regard constamment neuf qui donne de
l’émerveillement au monde et aux gens qui vous entourent, regard qui vous fait
reconnaître la vie dans son caractère unique et sacré. L’émerveillement est un
véritable chemin spirituel, une pratique de la joie immédiate, une intention du
coeur à être totalement présent dans le spectacle du monde.
Le bonheur est le chemin, pas la ligne d’arrivée…
Redécouvrir la vision intuitive de cette expérience directe transcende toutes
les habitudes mentales, tous les systèmes appris et vous aide à redevenir
simple, sans attentes ni projection, Le monde devient alors un miracle de chaque
instant, une surprise toujours renouvelée. Le cadeau caché contenu dans cet
événement est que la pleine conscience est d’une telle évidence que la félicité
n’est jamais loin ! Tous les objets et les évènements de la vie deviennent des
vraies pilules de bonheur si vous réapprenez à les « voir », à saisir ces
moments simples de la réalité immédiate, sans filtres qui vous éloignent de
notre être donc de la Vie.
Ici, dans cette simplicité, dans cette joie sans objet, je vis heureux dans une
présence que je ne peux ni perdre, ni quitter. Les jours et les nuits sont comme
une note renaissante du monde infini renouvelé sans cesse. Alors le bonheur
terrestre est joyeux comme une cour d’école et mes paroles-silence tournent les
pages de la vie sans la critiquer. (rires)
ARTICLE EXTRAIT DU LIVRE "PRATIQUER L'INSTANT PRESENT"
de David Ciussi
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