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L'ÉVIDENCE DU VRAI EST BIEN AVANT DE SE PERDRE DANS LES MÉANDRES DU FAUX
L'évidence du vrai est d'origine spirituelle.
Les méandres du faux sont d'origine mentale, mensongère (...)
Je vous invite au voyage d'ici à ici, de coeur à coeur. Cette exploration
demande vigilance et générosité. C'est dire simplement : « oui à ce que je suis
et oui à ce qui est ».
Bienvenue à l'homme courageux épris de liberté qui part d'ici et maintenant,
pour la plus noble des batailles : choisir de lâcher ses opinions, ses
principes, et ses croyances pour retrouver sa véritable nature.
Il faut beaucoup de courage et de lucidité pour remettre en cause notre façon de
penser et de raisonner, pour vaincre nos mémoires archaïques et nos dragons
intérieurs.
- La première étape de cette exploration consiste à révéler nos mémoires
émotionnelles et mentales grâce à des pratiques qui nous obligent à voir nos
réactions face aux événements et à porter notre attention sur les résistances
réflexes et les jugements qui se lèvent quasi-immédiatement. « Je ne comprends
rien, ce n'est pas pour moi, mon passé m'empêche de vivre l'instant présent,
etc. ».
Cette référence « moi » qui apparaît est une récapitulation de nos expériences.
C'est un peu comme si nous plongions dans un album souvenirs. Voyant la photo de
notre jambe cassée à l'âge de 10 ans, imaginez que nous commencions à boiter
maintenant. Or ce souvenir n'est qu'une image de nous-même au passé. Nous,
maintenant, dans cet instant, nous n'allons pas prendre des béquilles pour
marcher. C'est absurde. Ainsi lorsque vous dialoguez avec votre passé, vous vous
identifiez à une photographie. Et vous oubliez votre nature véritable vivante.
Vous vous méprenez comme si vous vouliez coiffer votre chevelure sur une photo !
L'impression d'identification avec le passé résulte de paroles non exprimées,
d'émotions non gérées, qui n'ont pas trouvé l'écoute affectueuse que la relation
de l'instant réclamait. Il en a découlé un ancrage dans le « moi » psychologique
et mental. Une expérience bien gérée efface automatiquement toute trace de
mémoire identificatrice à un moi continu. Une relation juste est une action
nourricière qui fait grandir l'expérience du jeu de la vie. Elle ne laisse
aucune trace tout comme le fait d'écrire dans l'eau. Ce mécanisme
d'auto-effacement oeuvre au sein de la conscience pure. Il est la mémoire sainte
et saine du jeu de l'instant présent, ici et maintenant.
- La deuxième étape de cette exploration consiste à intégrer le chemin d'ici à
ici pour redécouvrir que nous sommes aussi la source : telle est « l'évidence du
vrai ».
L'intégration de « l'évidence du vrai » ne s'effectue pas sur le plan de la
pensée habituelle, du raisonnement et de la logique. Intégrer « l'évidence du
vrai » se situe dans un jaillissement premier, un big bang de la pensée
naissante, saut quantique de la conscience créant l'univers sans quitter son
point de surgissement, foudroiement premier d'une âme naissante, poésie pure de
l'étonnement d'être « Je suis ».
L'évidence du vrai vise à ce que nous utilisions notre intelligence cognitive,
unificatrice pour cibler la « source », nous en approcher, voir son « mouvement
» , entendre son « chant », être baigné dans sa « lumière" » et ainsi la toucher
concrètement.
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L'ignorance ne provient pas d'un manque de savoir mais d'un manque de révélations. Nous avons pris l'habitude de lacer tous les jours les chaussures de nos opinions, de nos certitudes et de nos croyances. Aussi devons-nous découvrir que nous sommes des producteurs-automates de pensées, des machines à ruminer.
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Alors, sain de coeur et d'esprit, intégré dans une spiritualité saine, ne générant plus de conflits avec la source de la vie, l'homme sera le lieu et le lien dans lesquels l'intelligence universelle aimera grandir et s'incarner. La vie devenant le maître, la vie devenant religion vivante, chaque acte sera consacré sur l'autel de la dévotion et du service au sein duquel Créateur et Créature actualisent le monde.
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Le secret de la transformation tient en très peu de mots. Le secret c'est de
n'avoir aucune idée sur ce qui va être transformé, c'est de prendre ce
risque-là.
Si vous avez la moindre idée de ce que vous voulez transformer, vous n'êtes pas
dans la transformation, vous êtes dans la manipulation, dans la
conceptualisation, dans la pensée de transformation, dans les fantasmes, dans
l'imaginaire, dans l'irréel.
Comme vous donnez vie à quelque chose d'imaginaire, eh bien quelque chose
d'imaginaire va revenir. Vous créez quelque chose qui n'existe pas.
La seule possibilité pour être dans la transformation vivante c'est de n'avoir
aucune idée, aucune revendication, aucun idéal, rien.
Être seulement là en prenant le risque de ce qui va se passer maintenant dans
l'instant, c'est à dire être dans « Je ne sais pas ».
Si vous avez la moindre idée sur la façon de transformer votre vie, le monde,
vous n'êtes pas au service du vivant. La confiance est nécessaire. La
transformation saine est celle qui ne sait pas qu'elle est transformation.
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Il faut sentir cet aspect : révélation de soi-même. Ce sont des expériences
simples, parfois des flashes d'unité. C'est à ce niveau que l'on peut construire
la confiance en soi, l'autoréférence, sinon on reste dépendant d'une autorité,
d'un dogme d'une église, d'un gourou.
NE PAS UTILISER LA PENSÉE COMME NOUVEL ORGANE DE PERCEPTION
Pourquoi avons-nous autant de mal à lâcher une croyance ? Parce qu'il y a une
superbe astuce, un superbe piège, un tour de magie de la maya, de l'illusion,
qui fait que la croyance n'avoue pas sa nature de croyance. Elle prétend qu'elle
est vraie.
Il faut reconnaître par l'intermédiaire de vos organes des sens quand vous êtes
dans le vrai, le possible, l'actuel, et l'immédiat. Et non pas utiliser notre
pensée comme un nouvel organe de perception.
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RECONNAÎTRE SA VÉRITABLE NATURE
Le soleil ne dépend pas d'un éclat extérieur à lui -même. De la même façon,
apprécions et reconnaissons que nous sommes les fils du soleil.
Comme le rayon du soleil, nous sommes toujours reliés au centre du soleil. Un
rayon n'est pas séparé du soleil. Il est le soleil, mais simplement en tant que
rayon, en tant qu'expression individuelle du soleil.
Chacun, dans notre individualité, notre personnalité, notre corps, nous sommes
ce rayon de soleil. Il est important de ne pas oublier cette relation.
L'étrangeté, c'est que nous oublions cette relation et que nous arrivons à
conceptualiser, à truquer, à penser par le raisonnement, la réflexion,
l'intellect, que nous sommes séparés. Nous arrivons à concevoir notre
séparation.
Le rayon de soleil arrive à se couper de sa source, de son origine par sa propre
réflexion sur lui-même en oubliant sa propre nature.
Il n'est plus relié au soleil ? en réalité, il l'est toujours - mais il arrive à
l'oublier. Il arrive à « déchirer » quelque chose qui est toujours là et à
rendre cette déchirure plus vraie que le réel.
Il invente un mirage et il croit plus au mirage qu'au réel. C'est un acte de
conscience que nous accomplissons au sein de notre conscience d'une façon
erronée. C'est une erreur de stratégie.
La connaissance pure n'est que le fruit de sa propre révélation. La connaissance
pure, la révélation pure, c'est la découverte de « Moi- sève », « Moi-valeur
infinie », source toujours renouvelée au coeur d'elle-même, source inaltérable,
inépuisable, illimitée.
Dans cette source s'expriment les valeurs de l'absolu, les valeurs de la sève.
Cette source lumineuse possède une structure, une intelligence, une énergie.
Elle contient en elle-même sa propre extension, sa propre expansion-contraction,
sa propre réunion.
Elle contient le sans-limite et les limites.
Au coeur de cette source chante Dieu. Il danse sur un rythme, suivant un chant.
S'il s'arrêtait de danser, s'il s'arrêtait de chanter,
notre histoire, l'histoire du monde, l'histoire du réel, Tout s'effondrerait
dans l'instant.
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LA PRÉSENCE ? SENTIMENT DE NOSTALGIE
J. : J'ai ressenti que chaque fois que j'étais dans l'évasion de moi-même,
c'est comme si je m'enlevais un peu de vie et ça m'a fait beaucoup pleurer.
David : Le « vivant » se languit de toi et il pleure quand tu t'absentes.
L'Éternel n'est pas bien dans ses baskets quand vous n'êtes pas là. Il se sent à
côté de ses pompes ! La vie se languit de vous retrouver. Le « vivant » voudrait
totalement vous reprendre dans ses bras.
C'est important de ressentir cette nostalgie du vivant. Il faut ressentir pour
chacun d'entre nous que pour briller dans le ciel, les étoiles ont besoin de
notre présence.
Il faut redécouvrir le « vivant » qui ne nous a jamais quitté et que nous avons
momifié derrière un masque.
Il nous faut reporter notre attention, non pas sur le masque, mais sur celui qui
fait l'expérience, sur la conscience pure, sur maintenant, là où vous n'avez pas
encore appris à penser. Rester dans cette relation transparente où les choses ne
sont pas encore séparées.
C'est un endroit où tout est relié, tout est ensemble. Le temps, l'espace
n'existent pas encore, les mots ne sont pas encore nés pour séparer les choses.
Ce lieu d'éternité est à jamais votre présence.
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POURQUOI VOULOIR TOUT COMPRENDRE ?
Ne cherchez pas à tout comprendre ; chaque fois que vous voulez savoir, vous
créez une distance entre vous et ce qui est, vous perdez votre étonnement d'être
vivant.
Je ne pourrai jamais répondre à toutes vos interrogations. Personne ne le pourra
jamais. Devenez question vivante, apprenez à vivre avec l'inconnu, avec le
mystère de la vie.
Je vais vous faire une confidence : il est nécessaire de reconnaître qu'il y a
en soi quelque chose qui ne sera jamais dévoilé. On retrouve alors à l'intérieur
de soi le petit enfant qui ne connaît ni mathématiques, ni musique, ni rien.
On est vivant et on laisse opérer la magie du monde. On laisse la terre tourner,
on laisse sa vie tourner, on est toujours vivant.
(David interpelle quelqu'un qui s'est plaint de ne pas tout bien comprendre) :
- Sais-tu comment tu penses ?
- Non.
- Voyez, pour nous tous, c'est pareil. On ne sait pas comment on pense, on
reconnaît qu'on n'en sait rien. C'est facile.
Quand on ne le fait pas, on va chercher à savoir, puis on va chercher un public
devant qui déclarer : « Regardez, moi, j'ai compris le dernier truc à la mode ».
Sans arrêt, on sera là à mendier l'attention des autres : « Regardez, moi je
sais ça ! »
On devient un mendiant, un « hors-la-vie », une victime. La relation avec le
Mystère doit devenir une relation vivante.
Je ne sais pas et cela n'a pas d'importance car de toute façon personne ne peut
tout comprendre, tout savoir.
Seul compte « Quand je vois, je vois ; quand je pense, je pense ».
L'art de vivre est présence en « je suis ».
Je suis là pour vous rappeler cette bonne nouvelle. D'ailleurs ce n'est pas
vraiment une « nouvelle », parce que si c'était « nouveau » cela impliquerait
qu'il y ait de l'ancien.
Je suis là pour vous rappeler votre présence et cette présence ne nous a jamais
quitté.
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COMMENT RÉUSSIR SA DÉPRESSION ou « la victime contente de l'être »
Je vais vous bousculer un petit peu ce matin. Nous allons essayer de faire
quelque chose pour que vous puissiez comprendre comment vous vous structurez en
tant que victime, comment vous réussissez votre dépression.
En prenant les choses sous cet angle-là, on va mieux décoder comment on met en
place ce fonctionnement si insidieux, comment et par quelle duperie, tous les
jours, nous allons utiliser notre intelligence, notre créativité pour nous
séparer de la source plutôt que de reconnaître ce que nous sommes. Quelle est la
recette ???
Les 10 commandements du dépressif :
* Il ne s'aime pas comme il est.
* Il a pris l'habitude de ne pas être vrai avec ses émotions de l'instant, il
est dans la pensée ruminante.
* Il préfère penser qu'AGIR.
* Dans une journée, il va se focaliser uniquement sur les détails négatifs.
* Étant perfectionniste, il se donne des objectifs impossibles à atteindre, avec
comme conséquence le jugement sur soi :« Je suis nul. Je n'y arriverai jamais.
».
* Comme il met la barre trop haute, et qu'il ne réussit pas, eh bien il est
persuadé que les autres sont mieux que lui et il se dévalorise.
* Les autres étant mieux que lui, il vit sans arrêt par procuration en voulant
les imiter, en les idéalisant.
* Comme il les idéalise, bien sûr, ils le déçoivent. Donc il se renferme sur
lui, ne croit pas à la relation et croit que tout le monde lui en veut.
* Comme il ne croit plus à la relation, il est seul, il se replie sur lui-même,
et désigne les autres comme objet de son malheur en les culpabilisant (c'est le
Tu qui tue).
* Le dépressif n'est jamais dans le présent, il préfère imaginer le futur sur la
base d'un passé déjà peint en gris.
Vous voyez comment il faut faire pour être dépressif. Il est nécessaire d'être
lucide. Même si cela remue au niveau des émotions, c'est bien, cela va vous
aider, simplement au quotidien, à voir comment vous réagissez.
Le fait d'avoir fait cette description va nous permettre de mieux sentir quand :
« Tiens, je la joue la victime ». Nous ne pourrons plus nous dire : « Je ne sais
pas comment je deviens victime de la vie, je ne sais pas comment je suis
malhonnête. »
Nous ne sommes pas obligés d'être dépressifs pour être bien, sinon nous mettons
en place la croyance qu'il faut se fustiger.
La vie porte en elle-même sa propre intelligence, sa propre sève.
Quelque chose va être pensé en terme de séparation, je vais oublier que je suis
la source. Plus je vais m'identifier aux apparences, aux événements, plus je
vais oublier ma source.
Je ne pense pas que dans la vie d'un homme il faille attendre la maladie,
l'accident ou la dépression. Cela n'est pas normal.
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L'arme du guerrier du présent est une arme qui guérit
la séparation. Par elle s'opère une véritable guérison spirituelle, car
elle nécessite que le guerrier se tienne fermement établi en lui-même,
établi également dans toutes les lois de la nature, établi dans son
impeccabilité, dans son adresse, il reste en « Je suis » ; Il est avant de
penser, avant de juger, avant de se séparer. |
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Chaque rayon se trouve alors relié au soleil. Voyez bien : le rayon de soleil ne
se prend pas pour un rayon séparé, isolé, qui agit seul. Il sait bien qu'il est
sans arrêt relié au soleil.
À titre personnel, le rayon ne crée rien, il est le messager du soleil. Il ne se
prend pas non plus pour le soleil, il est son rayon. Il n'y a rien de plus
glorieux que de redécouvrir ce qu'est « Moi », et notre responsabilité réside
dans la reconnaissance de l'acte « je suis ». Nous n'avons pas la responsabilité
de porter le monde. Est-ce que c'est nous qui l'avons créé ? Est-ce que c'est
nous qui avons créé les montagnes, le ciel, les océans ?
Ne faites pas de la responsabilité une croyance. La seule chose qui nous
incombe, c'est d'être " je suis", petit, petit, infiniment petit.
En devenant ce rayon de soleil, par la seule reconnaissance de « je suis », vous
nourrissez toute la totalité de la vie.
Que vous le pensiez ou non, que vous le compreniez ou non, que vous le discutiez
ou non, la vie vit toujours dans son seul jaillissement, celui de l'instant
présent.
Vous vous laissez caresser par le vent, seulement maintenant, dans l'instant.
Votre coeur bat, seulement pour cet instant. Vous respirez, seulement
maintenant, et cela fonctionne toujours ainsi.
Toute extrapolation est un gargarisme mental.
Des prodiges s'accomplissent tous les jours, dans notre «instantanéïté», pour
notre survie, seulement maintenant, pour que nous puissions penser, seulement
maintenant, pour que nous soyons, maintenant, pour que nous trouvions la
liberté, maintenant, pour que nous reconnaissions seulement maintenant.
Je suis le don de vie.
Savez-vous comment, chaque seconde, vos cellules, vos os, vos cheveux se
renouvellent ? Savez-vous comment votre coeur bat ? Savez vous comment vous
pensez ? Alors laissez tomber ! Restez dans « je ne sais pas », un « je ne sais
pas » vivant qui vous fait goûter la magie de voir ou d'entendre.
David invite J. à partager une expérience :
J. : « Ce matin, en me réveillant, j'ai compris ce que je t'entends dire
depuis un an : Avec le réveil vient la prise de conscience du corps dans un
certain bien-être. Et ce matin, j'ai réalisé que juste avant que mon corps ne
s'éveille, j'étais. Je sentais mon corps, il y avait la lumière, le bruit du
réveil, mais comment dire ? J'étais avant tout ça. Ce que j'ai compris, c'est
que je suis, avant la prise de conscience du corps. Je suis avant les cigales
que j'entends ici, avant les pensées qui arrivent et qui jugent.
David : Bien, alors, continue à cultiver cette relation entre toi et toi.
Vous voyez, J. nous parle de la sève : « Je suis avant de me réveiller, avant de
penser, je suis avant la lumière, avant d'être dans l'histoire, dans l'espace et
dans le temps. » C'est quelque chose de très important; il va falloir faire un
geste pour renouveler cela, sinon, tu vas l'oublier et tu vas repartir dans ton
histoire. Ce geste de conscience relève d'une pratique spirituelle saine. C'est
là que réside l'art du « guerrier du présent. »
Le guerrier du présent n'a pas à sortir son arme pour tuer ses ennemis, ses
pensées de victime, car s'il le fait, il est déjà mort : il a déjà fait exister
les autres, les ennemis.
L'arme du guerrier du présent est une arme qui guérit la séparation. Par elle
s'opère une véritable guérison spirituelle car elle nécessite que le guerrier se
tienne fermement établi en lui-même, établi également dans toutes les lois de la
nature, établi dans son impeccabilité, dans son adresse, il reste en « Je suis
», il ne quitte pas la sève, il est avant de penser, avant de se juger, avant de
se séparer.
C'est un acte de vigilance et de vaillance qui s'inscrit au coeur du réel. Dans
la vie de tous les jours, en lui, le guerrier du présent est invincible. Mais,
s'il fait le geste de dégainer, c'est déjà trop tard. C'est que déjà, il a
structuré un ennemi à l'extérieur de lui-même, il a inventé quelqu'un à
combattre et à tuer. Sentez bien cela. Fermement établi en «soi-sève», je peux
être toutes les particularités de la sève, « je » peux inclure la multitude dans
le singulier, « je » peux être pluriel...
Dans « moi » il y a nous.
L'homme au coeur pur, établi dans un trésor, établi dans la chanson de la vie,
s'il entend chanter chaque particule de la création, de l'infiniment petit à
l'infiniment grand, c'est que, lui-même, il chante « moi ».
Le « moi » dont il s'agit appartient au langage universel, celui d'avant la tour
de Babel, quand les langues humaines ne sont pas encore inventées et quand les
mots n'existent pas encore pour séparer les choses. Le « moi » dont il s'agit,
c'est un mot pour désigner le langage pré-verbal dans lequel tout est lié, non
séparé, existant au coeur de lui.
Lorsque l'on honore ce « Moi », lorsque l'on entend le son juste « Moi », on
entend en soi toutes les lois de la nature, et devenant toutes les lois de la
nature, on devient tous les dieux de la nature, tous les symboles enfermés dans
les noms « Shiva » , « Brahmâ », « Vishnu » se trouvent alors incarnés. En Inde,
chaque divinité est représentée par des attributs, c'est une façon symbolique de
témoigner d'une qualité d'existence particulière inscrite au coeur des lois de
la nature. Quand un homme s'établit dans cette vérité, dans cette chanson
cosmique, dans cette universalité, il devient et honore les lois de la nature,
ces divinités vivantes. Il n'est plus alors besoin de symboles extérieurs pour
les représenter. Il est cette divinité vivante, simplement, humblement, en « Moi
».
Dans cette qualité d'unité particulière, l'éveil vient à la fin tout balayer
afin que ne reste que la transparence du réel. Cela, reconnaissez-le simplement,
et soyez dans la certitude que vous êtes déjà cette qualité. Vous êtes
l'émanation de ce Moi-sève, vous êtes la sève qui se manifeste à travers tous
les aspects de la création.
Les paroles d'homme de savoir sont à comprendre; les paroles d'un homme de
non-savoir sont à respirer.
Les paroles d'un homme de savoir expliquent le pourquoi, elles expliquent le
comment, elles expliquent le vent;
Les paroles d'un homme de non-savoir sont la légèreté du vent.
Les paroles d'un homme de non-savoir jouent, volent, elles sont le vent.
« Présent à l'émerveillement, au coeur de chaque pensée, pourquoi suis-je
toujours si étonné ?
Chaque mot est une note, une couleur, une simple poésie. Cachés dans chaque mot,
vivent diamants, or et géométrie. L'art de vivre est présence en" Je suis ",
l'art de Dieu est présence, c'est tout petit . »
(Rêve d'éveil, page 163)
Tout ce que je dis n'est rien, l'essentiel est toujours non-exprimé.
L'Émerveillement s'émerveille, s'émerveille, s'émerveille...
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L'homme n'a qu'un seul pouvoir fondamental, celui d'être étonné d'exister et de
vivre, qu'une seule responsabilité, celle de maintenir cet étonnement vivant,
source d'humilité, de curiosité, en relation avec les hommes et la nature. C'est
dans cette « étincelle d'auto-reconnaissance », dans cet étonnement d'être en
vie, que l'homme alors établi au coeur des lois de la nature est loyal et
auto-référent. Il participe pleinement au jeu de la vie.
C'est dans cet « Eurêka » lucide (Connais-toi toi-même et tu connaîtras
l'univers et les dieux) c'est-à-dire, en réalisant qu'il EST, qu'il existe,
qu'il possède un corps et qu'il pense, que se situe le « seul vrai miracle » de
sa présence. Il est créé et maintenu en vie d'instant en instant et voyage dans
l'infini à bord du vaisseau spatial Terre. Cette force même le maintient en vie.
Ce don, ce pouvoir, qui les lui a donnés ? Qui fait tourner la terre ? Qui la
porte ? Où sont les moteurs et le carburant ? Quelle est cette intelligence
innée qui crée et perpétue toutes choses dans le cycle de la vie et de la mort ?
Le pouvoir et la responsabilité de l'homme c'est de s'émerveiller, d'être
vivant, en gardant sa fraîcheur d'âme d'enfant, tout en devenant un adulte
conscient, responsable de la qualité de sa relation face aux événements et aux
autres, miroirs qui révèlent ce qu'il est.
Nous vivons tous en société, mais qu'est-ce que c'est « la société » ? C'est une
abstraction, un concept. Seul l'homme individuellement existe, l'homme est
l'unité de base de la société. La qualité de celle-ci est le prolongement
naturel de la qualité des hommes, non l'inverse. Les conflits d'ordre sociaux,
politiques et économiques etc., ne peuvent être réglés qu'au niveau de
l'individu.
Notre responsabilité, c'est de nous transformer, de devenir adulte, adulte dans
le sens responsable de nos actes pour nous-mêmes et les autres.
C'est notre devoir de « conscientiser » la relation avec l'autre pour la rendre
plus fluide et ne plus générer de conflit. Répéter les mêmes erreurs, appuyer
toujours sur les mêmes boutons réactionnels en espérant un résultat différent
est une erreur de stratégie qui frise parfois « la folie ordinaire ».
L'homme non-responsable est celui qui est animé d'une ambition personnelle et
d'une recherche de pouvoirs tant sur le plan social, idéologique qu'ésotérique.
Ces amalgames spirituels dégradés sont des essais non transformés qui
entretiennent la logique du dominant-dominé, maître-esclave, pouvoir de l'homme
sur l'homme.
L'illusion d'être prisonnier de nos réactions et celle des autres nous font
cueillir les souffrances et les peurs comme seule réalité. On se prive alors du
jardin d'Eden, source de vie qui, sans cesse, propose des solutions face à nos
résistances de victime. Les oppositions et les échecs répétés sont autant de
difficultés qui nous privent de l'intelligence du tout oeuvrant au coeur de
l'évolution.
La responsabilité de l'homme, c'est de lâcher, à un moment, ses conditionnements
de « victime », ses peurs imaginaires, pour agir et découvrir dans l'action, un
allié inattendu, le courage, source d'accomplissement et de confiance en soi.
L'homme reconnaissant alors la qualité de sa liberté et de sa responsabilité, se
doit de l'incarner et d'en porter témoignage dans son humanité à travers ses
actes : il EST, il apprend, il comprend, il agit. Il accomplit son propre
destin, son odyssée, dans le plaisir naturel de trouver des solutions à travers
tous les obstacles.
Il se libère alors de ses entraves, « libérant ainsi la liberté ».
La qualité transparente de son autonomie dans les relations devient alors une
éthique, une ouverture et un art de vivre dans une lucidité sans interférence.
C'est la forme la plus haute de l'intelligence humaine.
Lorsque l'homme devient adulte et responsable, une aspiration, un désir de
liberté, se fleure et s'anime. C'est l'aube de la quête spirituelle. Un voyage
d'intégrité et d'obligation à l'impeccabilité commence. L'homme devient alors le
révélateur du courage et de l'intelligence du processus de liberté se faisant
chair. Alors une confiance et une patience insoupçonnées vont oeuvrer au coeur
de cette intelligence innée. La force de cet embrasement renversera toutes les
montagnes de croyances et dévoilera à celui qui cherche le passage, le secret de
l'arche de l'alliance et la nostalgie mythique du prince charmant cherchant et
réveillant la princesse endormie.
Il s'agit bien ici de réinitialiser ce passage d'avant toute naissance et
d'après toute mort, genèse de tout ce qui est, a été et sera, inclus dans « Ici
et maintenant ».
Vous comprenez bien qu'il ne s'agit pas seulement du « Ici et maintenant » du
glorieux présent terrestre, mais bien de la plénitude intemporelle.
La lumière chassant automatiquement l'obscurité, les faux désirs d'illumination
et de pouvoirs seront alors vus et décapités dans l'instant.
L'homme qui réalise sa quête du sacré et sa nature divine n'est plus responsable
isolément. Il est co-responsable et relié universellement, ceci dans une très
grande légèreté.
Cela ne veut pas dire qu'il peut faire impunément ce qu'il veut en se couronnant
d'une autorité spirituelle, mais les lois de la nature qui sont vivantes en lui,
exigent l'impeccabilité de conscience. En tant que représentant témoin vivant de
ces lois, il devient le « vécu » sans ambition personnelle, serviteur du grandir
du monde.
Il accepte le réel comme il est, sachant qu'il n'a aucun pouvoir terrestre pour
changer les choses en dehors de lui-même.
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N'oubliez pas que le mystère de la vie n'est pas un problème à résoudre mais une
réalité à expérimenter.
Le monde n'est pas fait pour qu'on pense à lui. La seule façon d'entrer dans ce
mystère, c'est d'être vivant au coeur de celui-ci, sans
pertinence sur Dieu ou sur soi-même. La seule existence du monde réside dans Ici
et Maintenant. Elle n'est ni dans l'histoire, ni dans le temps.
L'éternité a besoin d'être nourrie par maintenant.
La réponse est le processus permanent du questionnement ,sans une réponse à
l'extériorité.
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Il faut apprendre que, dans les relations humaines,
l'autre est la solution. En chimie, la solution c'est de mélanger deux
corps, par ex. : l'eau et le sel. Au départ, l'eau a peur donc elle
résiste. Elle se dit « Oh, qu'est-ce que c'est que ces grains durs qui
entrent en moi, ils vont m'envahir et me blesser ». Le sel lui aussi
résiste et se dit : « Attention ! si je vais dans l'eau, je vais perdre
mon identité et me noyer donc mourir ». Mais finalement, quand ils sont
ensemble, sans jugement ni a-priori, apparaît la solution : l'eau salée. |
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